Un « oui » solidaire !

Il y a quelques années, quand j’avais annoncé à des amies nord-africaines que les Suissesses et les Suisses allaient sans doute pouvoir se prononcer sur une éventuelle interdiction du voile intégral, elles m’avaient toutes, sans exception, envié de vivre dans un pays qui s’apprêtera sans doute à démocratiquement bannir une telle prison ambulante. Pourtant, la plupart de ces amies sont de profondes féministes se déclarant « de gauche ». Lors de nos échanges, elles avouaient ne pas comprendre la complaisance d’une partie de la gauche européenne avec les islamistes. « Notre dignité est en jeu », affirmait une amie tunisienne. « Le combat contre les Etats-Unis et Israel ne justifie pas de nous laisser tomber en plan », poursuivait une copine algérienne. Toutes s’indignaient, ou en tout cas s’étonnaient, que cette initiative émane de l’extrême-droite. « Pourquoi la gauche féministe en laquelle nous croyons tant n’a-t-elle pas lancé cette proposition ? ». Pourquoi, en effet ?

A l’heure où dans de trop nombreux pays, l’obscurantisme islamiste allié à l’oppression machiste, des femmes risquent au quotidien leur vie ou leur liberté pour refuser de porter ce Guantanamo vestimentaire, à l’heure où d’aucunes tentent de s’émanciper grâce au sport ou à la culture, à l’heure où tant de femmes dans ces pays pourtant si proches, culturellement et géographiquement, se battent pour leur dignité et leur singularité, pour leur beauté et leur liberté, j’apporterai mon soutien résolu d’élu, de citoyen, d’homme et d’être humain à une telle interdiction, avec des arguments aux antipodes de ceux des initiants qui se fichent pas mal de la solidarité internationale. Je le ferai aussi en mémoire et en hommage à celles qui ont sacrifié leur vie. En se soumettant à la contrainte ou en ayant été tuées pour avoir su garder la tête haute et le visage découvert.

Mohamed Hamdaoui, conseiller de ville et député PDC au Grand Conseil bernois, Bienne

Consultez notre page Facebook :