Nuance : la Burqa n’est pas l’Islam

Il n’y a pas un Islam, mais plusieurs. En treize siècles, divers courants musulmans se sont développés, fondés sur des lectures différentes du Coran, ou sur la préférence pour certaines Sourates au détriment d’autres. Il est toujours intéressant de rappeler que le « djihad » peut être compris soit comme « un effort sur soi-même pour atteindre le perfectionnement moral et religieux », soit comme « un combat armé pour étendre l’Islam ».

Parmi ces courants religieux, la secte salafiste défend un Islam rigoriste, vengeur, écrasant les femmes. C’est à la fois la secte de la violence antioccidentale, de la persécution des autres communautés musulmanes et… de la Burqa. Le wahhabisme qui lui ressemble est devenu la religion d’Etat de l’Arabie saoudite qui diffuse cette doctrine partout dans le monde à coup de pétrodollars.

Disons-le tout net : il n’y a aucune place dans les pays occidentaux pour le salafisme, qui est la négation de toutes nos valeurs.

L’interdiction de la Burqa n’a rien à voir avec l’islamophobie; elle n’a rien à voir avec le respect des convictions religieuses. S’opposer à la Burqa est un refus démonstratif du salafisme et de son cortège de barbaries archaïques. On rappellera que si la Suisse a interdit les Jésuites en 1848, ce fut pour des raisons politiques, sans aucun lien avec une quelconque « christianophobie ».

Le débat sur la burqa offre aux Musulmans de Suisse une occasion inespérée de se démarquer du salafisme. Si les organisations musulmanes entendaient assurer chez nous l’intégration de l’Islam, elles réclameraient elles-mêmes l’interdiction de cette dissimulation des corps et des visages, comme le fait le Sénégal, au motif que cette mise en cage de la femme appartient à un Islam qui n’est pas le leur.

Le peuple suisse, le 7 mars 2021, se prononcera sur une initiative populaire visant à interdire de se dissimuler le visage dans l’espace public. Elle vise, certes, à interdire le port d’une burqa ou d’un niqab sur le sol helvétique. Mais elle rappelle aussi que, de façon générale, nos relations humaines ne sont possibles que lorsque chacun peut être identifié par son interlocuteur.

Certaines pratiques religieuses sont incompatibles avec les principes fondamentaux de notre société. Tout comme l’abattage rituel (interdit dans la Constitution depuis 1894), l’interdiction de dissimulation du visage a sa place dans notre charte fédérale. Cela n’empêchera aucun musulman de vivre sa foi. Mais cela fixera une limite symbolique à l’Islam politique.

Jacques-André Haury

Ancien député libéral puis vert’libéral

e-mail info@a-visage-decouvert.ch

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